En 2000, on possède donc la console la plus puissante du moment et on a déjà essoré Soul Calibur plusieurs fois. Les premières photos du futur "Dead or Alive 2" arrivent dans la presse spécialisée et on a du mal à y croire, c'est bien plus beau que le hit épéiste de Namco. On sait bien que la Dreamcast est un bijou de technologie mais là, ça dépasse tout ce qu'on attendait. Et quand le jeu arrive enfin chez soi, c'est presque une surprise : c'est exactement tout ce qui était promis. Des graphismes sublimes, une animation fluide, quasiment pas de temps de chargement... La compétence technique japonaise à son zénith.
L'intro est sobre, le décor d'une arène en 3D accompagné d'un bon hard rock bien bourrin. Les intentions sont claires, on est là pour s'éclater. On appuie sur "start" et on se retrouve en mode select, écran limpide de sélection du jeu. Histoire, time attack, survival, tag battle... Tecmo n'essaie absolument pas de réinventer le jeu de baston mais plutôt d'offrir l'expérience de jeu la plus satisfaisante possible. On accède au menu de sélection des persos et là oubliez vos souvenirs et vos préjugés, les filles sont en minorité : 5 contre 7 mecs. 12 persos, ça paraît quand même un peu faible, même pour l'époque, mais il n'y a pas de redondance, pas de combattant copié/collé avec une texture différente (comme dans ehemTekken hum hum...)
Là où vos souvenirs sont précis par contre, c'est que ce sont toutes des bombasses à forte poitrine, de la sainte-Nitouche ninja en petite tenue à la femme fatale sophistiquée ou la catcheuse en micro short, il y en a pour tous les goûts. Si vous préférez les garçons il y a de quoi faire aussi entre le bel amnésique en jean moulant, le shinobi cuir ou le clone de Bruce Lee. On entre de plain pied dans un univers de série B merveilleusement assumé où les arts martiaux se confrontent au catch ou au Krav-Maga, la boxe thaï ou carrément la magie. On peut en rire ou s'en offusquer mais j'apprécie quant à moi l'honnêteté de Tecmo qui donne aux joueurs exactement ce qu'ils veulent :  de l'exotisme et des jolies filles, sans se cacher derrière des designs ou des scénars tarabiscotés. 
On choisit son perso, le combat part tout seul. Purée, c'est BEAU. Des arènes jolies, exotiques, pleines de détails et des combattants tout aussi remarquables avec leurs visages lisses et leurs vêtements pleins de détails. Quand on pense que l'année précédente on voyait encore des mentons en escalier et des torsions de textures sur les visages. Il n'y a pas que les visuels qui sont remarquables, bien qu'il repose sur le système à 3 boutons de Virtua Figher (poing, pied, parade), le combat est bien plus vif et intense. Fini l'impression de jouer une partie d'échec, place à la Blitzkrieg et pas besoin de jouer des heures non plus pour apprendre, les combos partent toutes seules. Ca paraît même peut-être un peu trop facile, hein ? Alors Tecmo a ajouté un système de contre facile à sortir et dévastateur. Amateur d'équilibre et de raffinement, passe ton chemin : Dead or Alive 2 est l'incarnation même du fun, ses combats sont courts et intenses et on vainc ou on se fait vaincre en une poignée de secondes... Et c'est franchement super, on enchaîne les rounds contre l'ordi ou un pote comme on se descend un paquet de biscuits apéritifs, un par un, impossible de s'arrêter.

DoA 2 est un hit immédiat mais la Dreamcast est déjà moribonde... On ne s'étonne pas vraiment de le voir faire ses valises pour la concurrence dès la fin de l'année. Le jeu est adapté quasi tel quel sur PS2 avec quelques costumes bonus pour nos héroïnes, à la grande fureur du réalisateur Tomonobu Itagaki qui n'a pas eu le temps de peaufiner son bijou pour la puissance du monolithe de Sony. 
Par la suite, Tecmo est débauché par Microsoft et la série devient exclusive aux Xbox : le Dead or Alive 3 envoie franchement du lourd pour le lancement de la console, c'est encore une claque graphique qui propose plus de combattants dans des environnements de rêve avec un système de combat amélioré et un contre bien plus difficile à placer. Le très attendu Dead or Alive 4 exploitera quant à lui très tôt toute la puissance de la Xbox 360 mais les joueurs "sérieux" reprochent encore et toujours à la série de plus se focaliser sur les décolletés que sur les enchaînements. C'est le début de la fin pour le fun, la Team Ninja est sommée de transformer sa licorne en cheval de course.
12 ans après DoA 2, Dead or Alive 5 jette aux orties décors paradisiaques, prothèses mammaires et  tenues révélatrices pour se concentrer sur la technique, la compèt' en ligne et les tenues payantes. On a un peu de mal à reconnaître la parenté malgré une réalisation encore de très haute tenue. La jouabilité est aux petits oignons, presque au niveau d'un Virtua Fighter, mais le fun ? Il est où le fun, il est où ?
En 2019 enfin, Dead or Alive 6 déboule en fin de vie des PS4 et Xbox One et tente de réconcilier technicité moderne et bonne humeur vintage. C'est une authentique réussite qu'on savourera à sa juste valeur, à condition d'ignorer les myriades de DLC qui font la manche à chaque occasion. Les joueurs "sérieux" continuent quant à eux de se boucher le nez, rien ne les fera jamais changer d'avis.

J'aime à croire qu'il reste encore aujourd'hui de la place sur le marché hyper sectaire des jeux de combat pour une série facile d'accès et qui ne se prenait pas au sérieux. Bien moins froide que Tekken, moins extravagante que Mortal Kombat, plus accessible que Virtua Fighter... Dead or Alive, si tu me lis, n'essaie pas de changer, il y a encore plein de gens qui t'aiment comme tu es, pleine d'adorables défauts (et avec une forte poitrine).